DESPISTAGE DE ENFERMEDADES INFECCIOSAS II (Francés)


  1. La syphilis

  2. La gonorrhée

  3. L’herpès génital

  4. Le SIDA

 

1. LA SYPHILIS

 

La syphilis est une maladie transmise par voie sexuelle ou par voie transplacentaire de la mère à l'enfant (syphilis congénitale). Elle est due à une bactérie, le Treponema pallidum, qui pénètre dans l'organisme par une effraction cutanée ou muqueuse et se dissémine par voie lymphatique et sanguine atteignant différents organes.

Au niveau de la porte d'entrée le tréponème provoque une exulcération superficielle, arrondie ou ovale, de 3 à 5 mm de diamètre, connue sous le  nom de chancre. Cette lésion apparaît généralement 10 à 40 jours après la contamination (syphilis primaire), elle est indolore, contagieuse et disparaît en 6 à 12 semaines.

Le chancre peut prendre des formes atypiques (chancres ulcérés, saillants et chancres multiples semblables aux lésions de l'herpès génital), surtout chez les malades atteints du SIDA, où les lésions prennent des proportions importantes (chancres géants, nodulaires ou à ulcération profonde).  

Si aucun traitement n'est établi, la syphilis secondaire apparaît deux mois après l'infection. Elle se caractérise par la présence d’éruptions cutanées (la roséole syphilitique),  d’alopécie, d’iridocyclite, parfois de  fièvre, céphalée, asthénie, anorexie, hépatite avec ictère, glomérulonéphrite et syndrome néphrotique. Le compromis pulmonaire, cardiaque et les douleurs osseuses sont plus rares. La syphilis secondaire est contagieuse et dure de quelques mois à une année. En l’absence de traitement, une période de latence s'installe.  

La syphilis tertiaire apparaît entre 2 à 10 ans après l'infection primaire et se caractérise par la présence:

- de lésions au  niveau de la peau et des muqueuses;

- de lésions cardio-vasculaires;

- d’atteintes du système nerveux.  

Chez la femme enceinte atteinte de syphilis, le tréponème traverse la barrière placentaire pour infecter le foetus, cela se produit généralement après le quatrième mois de grossesse. L'infection syphilitique du foetus peut provoquer:

- la mort in utero; 

- une prématurité, avec un certain  nombre  de  lésions du foie, de la peau, du  cerveau, des os et une anémie.

- plus tard, entre 5 et 25 ans, la syphilis congénitale peut se manifester par des anomalies dentaires (dents d'Hutchison), une inflammation de la cornée (kératite), une surdité, une arthrose des genoux, un épaississement anormal du tibia (hyperostose) , une paralysie générale, un tabès et des gommes cutanéo-muqueuses au niveau de la pyramide nasale et du voile du palais.  

En France, les données statistiques sur la syphilis sont sous-estimées, car dans la pratique seuls les dispensaires antivénériens déclarent cette maladie. Les données françaises,  entre 1986 et 1990, ne montrent pas une évolution de l'incidence de l'infection syphilitique (1). Cette dernière affirmation a été confirmée par l'étude du réseau RENASYPH (1990 à 1993), qui montre que, sur un total de 107.731 tests réalisés, l'incidence de cette maladie n'augmente pas (2). 

 

1.1 Le dépistage

 

Le dépistage est fortement recommandé chez la femme enceinte au début de la grossesse et chez les groupes à risque.

En France, le dépistage de la syphilis est obligatoire lors du premier examen prénatal. Toutefois, la femme risque d’être infectée au cours de la grossesse, il est donc souhaitable de répéter l'examen avant l'accouchement.

Le dépistage se fait essentiellement par l'utilisation des tests sérologiques qui ont pour objectif de déceler la présence d'anticorps dirigés contre les antigènes du Tréponème pâle.

Depuis 1980, la législation française impose pour le dépistage de la syphilis l'utilisation d'un test non spécifique (non tréponémique) et un test tréponémique, en pratique le VDRL et le TPHA.

Le Venereal Disease Research Laboratory (VDRL) peut être positif en cas d'infection syphilitique, 2 à 3 semaines après l'apparition du chancre. Il peut être faussement positif de façon transitoire en cas d'infection aiguë ou vaccination; ou de façon durable chez  les personnes  atteintes de certaines maladies (Lupus érythémateux systémique, Sclérodermie) et chez les toxicomanes.

Le TPHA (Treponema pallidum haemagglutination assay)  est positif dès le douzième à quinzième jour du chancre. Cette positivité est persistante et peut durer plusieurs années.  

La sérologie syphilitique peut devenir négative à la suite d'un traitement précoce et en moyenne six mois après l'apparition du chancre.  

 

1.2 La prévention

 

La prévention de la syphilis est une des composantes de la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles (lutte antivénérienne). La législation française prévoit dans le Code de la Santé Publique (articles L.254 à L.293) une série de mesures pour organiser la prévention de certaines maladies vénériennes (syphilis, gonorrhée, chlamydia).  

Parmi ces mesures se trouvent:

- le dépistage obligatoire de la syphilis lors de l'examen prénuptial (pour le couple), lors du premier examen prénatal (pour la femme) et aussi pour les assistantes maternelles;

- la déclaration obligatoire;

- le traitement obligatoire pour ces maladies;

- l'examen médical pour toute personne présumée infectée et donc contaminatrice.  

En outre , la prévention comporte aussi des mesures générales communes aux maladies sexuellement transmissibles, telles que:

- l'éducation sexuelle;

- la lutte contre la promiscuité sexuelle;

- l'utilisation du préservatif;

- le dépistage et le traitement précoce;

- le contrôle des prostituées.  

 

2. LA GONORHEE

 

La gonorrhée est une maladie sexuellement transmissible due à la Neisseria gonorrhoeae (gonocoque), bactérie Gram-négatif qui parasite l'intérieur de la cellule.

La symptomatologie diffère selon le sexe. Chez l'homme, après une période d'incubation de 2 à 7 jours, apparaissent des brûlures mictionnelles et un écoulement clair ou laiteux de l'urètre. Trois jours plus tard les douleurs urétrales sont plus intenses et l'écoulement devient abondant et purulent.

En absence de traitement, l'infection peut progresser vers la prostate, l'épididyme et les glandes péri-urétrales, et évoluer vers la chronicité avec un compromis inflammatoire de l'épididyme (épididymite), de la prostate (prostatite aiguë) et un rétrécissement de l’urètre.  

L'infection gonoccocique peut avoir aussi d'autres localisations selon le type de pratique sexuelle: infection ano-rectale (rapport anal), oropharyngite (fellation).  

Habituellement, chez la femme, l'infection passe inaperçue (asymptomatique) représentant ainsi une source importante de transmission. Dans certains cas, elle se traduit par des pertes vaginales  et évolue vers une inflammation chronique du col de l’utérus (cervicite chronique).  

L'enfant est infecté lors de l'accouchement; plus rarement la contamination se fait par le liquide amniotique avalé par le foetus. L'infection gonococcique du nouveau-né provoque une conjonctivite avec risque de cécité, une arthrite, de la fièvre et, une infestation du rectum, de l'urètre, du pharynx, et du vagin chez les filles.  

En France, les données statistiques ne reflètent pas la réalité en raison de la sous-notification de la maladie. Une étude du réseau RENAGO (réseau national de surveillance des gonocoques) montre que pour la période 1986 - 1992, l'incidence de la maladie a diminué. Cependant, on a constaté  l'apparition de souches de gonocoques résistants à la tétracycline (en 1989) et aux fluoroquinolones (en 1993) (4).

 

2.1 Le dépistage

 

Le dépistage systématique peut être proposé aux groupes à haut risque (ouvriers de chantier, militaires, prostituées, homosexuels,..), associé à une recherche de cas dans les services de gynécologie, d'interruption volontaire de grossesse, dans les dispensaires antivénériens et lors des examens prénataux.  

Les tests sérologiques manquent de sensibilité et de spécificité, et les seuls moyens pour rechercher la gonorrhée  sont le frottis et la culture.

Le frottis après coloration des sécrétions ou du pus prélevé, permet un diagnostic de présomption immédiat et la mise en place d'un traitement précoce.

La culture est surtout proposée lorsque l'infection a une autre localisation (atteinte rectale, cervicale, orale, disséminée) ou quand elle est asymptomatique.  

 

2.2 La prévention

 

Les mesures de prévention ont été décrites dans le cadre de la prévention de la syphilis. Cependant il existe des mesures spécifiques à la gonorrhée telles que:

- la prévention de la conjonctivite chez le nouveau-né par l'instillation intra-oculaire de nitrate d'argent à 1% ou d'une solution ophtalmique d'érythromycine à 0,5%;

- le repérage des sujets-contacts, par l'intermédiaire du malade, est un des points essentiels de lutte contre cette maladie; 

- la précocité du traitement afin de réduire le risque de transmission et éviter les séquelles graves.

La mise au point d'un vaccin anti-gonocoque est encore à l'étude.

  

3. L’HERPES GENITAL

 

L'agent causal de l’herpès génital est le virus herpès simplex de type 1 et 2 (HSV1 et HSV2). Le HSV1 attaque généralement les lèvres, la face ou les yeux, mais provoque aussi des lésions génitales (10 à 30% de cas herpès génital).  

Lors d'une primo-infection, le virus arrive à l'organe ou tissu attaqué par les nerfs sensitifs et migre ultérieurement vers le ganglion sensitif où il reste en état de latence jusqu'à une nouvelle poussée du virus.  Lorsque celle-ci se présente (à cause d'un stress physique, psychique ou sans cause certaine) le virus retourne par le nerf sensitif pour attaquer souvent le même endroit que lors de la primo-infection.  

La transmission de cette maladie se fait généralement à l'occasion des rapports sexuels lorsque l'un des partenaires a une poussée d'herpès avec lésions génitales (60% de cas de contamination).

Selon une enquête réalisée par la SOFRES, on estime qu'en 1985 il y avait 310.000 poussées. En cinq ans,  ce chiffre a presque doublé, car en 1990 le nombre de poussées étaient de 600.000. 

Les sujets les plus exposés au risque de contamination sont ceux qui ont des partenaires multiples, occasionnels, ou ayant des antécédents d’herpès génital. Certaines études montrent que l'herpès génital est plus fréquent dans les couches socio-économiques défavorisées.

L'herpès génital est à craindre au cours de la grossesse en raison de la contamination éventuelle du nouveau-né lors de l'accouchement (1 à 5 infections pour 10.000 naissances).

90% des cas d'herpès néonatal sont dus à une transmission lors de l’accouchement, 5% sont des contaminations in utero lors du prepartum et les 5% restants sont dus à l’herpès oro-labial de l'entourage.

L'herpès néonatal est provoqué dans 75% des cas par l'HSV2 et dans 25% de cas par l'HSV1.

Certains facteurs peuvent favoriser la contamination du nouveau-né. Parmi eux se trouvent:

- la rupture de la poche des eaux (plus de 6 heures avant l'accouchement);

- les lésions cervico-vaginales importantes;

- la prématurité;

- la pose d'électrodes sur le scalp ou l'utilisation de forceps;  

Les nouveau-nés  non traités présentent  un  taux de mortalité de 50%. Parmi les survivants, 50% ont des séquelles neuropsychiques importantes. Toutefois, les nouveau-nés traités par l'aciclovir ont un taux de survie sans séquelles de 65%.

 

3.1 Le dépistage

 

Les tests sérologiques détectent la présence d'anticorps anti-HSV1 et anti-HSV2 et permettent de diagnostiquer l'herpès sans préciser s'il s'agit d'une primo-infection ou d'une récurrence, sauf si l'on observe une séroconversion.

En outre, on remarque que la majorité des adultes possèdent des anticorps anti-herpès simplex, limitant ainsi l'intérêt des tests. 

Le test par la méthode ELISA est sensible et spécifique dans les infections herpétiques fraîches et n'est pas sûr dans la phase de latence. Un autre test de dépistage (PCR) est actuellement en cours d'évaluation.

 

3.2 La prévention

 

La prévention repose essentiellement sur une information concernant les signes et les symptômes de la maladie, la mise en garde contre la promiscuité sexuelle et sur un traitement précoce.

La prévention de l'herpès néonatal se fait essentiellement par le suivi de la grossesse et la désinfection (désinfectant iodé) des voies génitales. Si l'infection herpétique se présente pendant la période de l'accouchement, il faut prévoir une césarienne pour éviter le passage du foetus par la voie génitale, en sachant que cette opération ne prévient pas toujours l'infection.  

Chez la femme enceinte, la primo-infection peut provoquer un avortement, des malformations (anomalies oculaires, calcifications intracrâniennes et microcéphalie), un accouchement prématuré et aussi un herpès néonatal.

Si la contamination du nouveau-né est vraisemblable, la mise en place d’un traitement préventif est recommandée.

Des études sont en cours d'évaluation pour la mise au point d'un vaccin anti-herpétique (anti-HSV1 et anti-HSV2).

   

4. LE SIDA

 

Le SIDA ou Syndrome d'Immunodéficience Acquise est une maladie caractérisée par un déficit immunitaire chronique produit par le virus de l'immunodéficience humaine (V.I.H.). Ce virus, qui appartient à la famille des rétrovirus, infecte les cellules-cibles (lymphocytes TCD4, macrophages, monocytes) en se fixant à leur surface. Une fois que la fixation est faite, le virus pénètre à l'intérieur de la cellule pour se répliquer immédiatement.

Le VIH utilise donc les cellules infectées et se multiplie en détournant leur activité à son profit. La cellule infectée peut ainsi produire de nouveaux virus qui contamineront d'autres cellules. Par cette action, le VIH détruit un nombre important de cellules-cibles, spécialement les lymphocytes TCD4 (ceux-ci assurent la surveillance immunologique de l'organisme).  

Lors de la primo-infection, le virus se propage rapidement dans l'organisme. Cette période dure quelques semaines et se caractérise principalement par la production des anticorps spécifiques anti-VIH, qui pourront être décelés par un test de dépistage. La multiplication du virus croît très rapidement après la contamination, puis diminue progressivement. La primo-infection est très souvent asymptomatique. Cependant, dans un nombre limité de cas, elle peut s'accompagner de fièvre, de céphalée, d’un malaise général et de réactions cutanées.

La primo-infection est suivie par une phase de latence caractérisée par une séropositivité sans symptômes cliniques. Dans certains cas, on peut déceler la présence d'adénopathies persistantes (augmentation du volume de ganglions).

La phase symptomatique survient au moment où le système immunitaire est affaibli par la destruction importante des lymphocytes TCD4. Dans cette phase la symptomatologie est très variée:

- des symptômes et signes généraux: fièvre, asthénie, amaigrissement, diarrhée persistante, arthralgies, myalgies, sueurs nocturnes;

- d'autres symptômes: rash cutané, éruption urticarienne, splénomégalie, adénopathies;

- des troubles neurologiques: méningite, encéphalite, méningo-encéphalite,....;

Généralement, cette période évolue favorablement sauf en cas de séquelles neurologiques.  

La période symptomatique peut éventuellement se compliquer par une infection surajoutée due au déficit immunitaire (diminution des défenses de l'organisme). Les principales infections opportunistes sont:

- la pneumocystose provoquée par le pneumocystis carinii, qui attaque le poumon;

- la toxoplasmose, l'agent causal est le toxoplama gondii. L'infection est habituellement bénigne chez l'adulte. Elle provoque des manifestations graves au niveau du cerveau chez les personnes qui ont un déficit immunitaire;  

- la tuberculose pulmonaire;

- les infections à cytomégalovirus, qui prennent la forme d'une infection disséminée ou localisée au niveau de l'oeil, des poumons et du système nerveux central;

- les infections à mycobactéries atypiques;

- d'autres infections provoquées par: le cryptococcus neoformans , l'histoplama capsulatum, candida species, cryptosporidium,....

Le SIDA se caractérise aussi par la présence de certaines tumeurs telles que le sarcome de Kaposi, le lymphome non hodgkinien,...  

 

En France, le nombre des cas de SIDA ne cesse d'augmenter. En 1984, on comptait 237 nouveaux cas diagnostiqués et en 1994, on a recensé 5.631 cas. Depuis le début de l'épidémie, 36.982 cas ont été déclarés jusqu'à juin 1995 (contre 43 cas en 1982) et 22.485 personnes, soit 60.8% du total des cas, sont décédées.

Sachant que 10 à 20% des cas ne sont pas déclarés, et qu'il y a un délai entre le diagnostic et la déclaration, on estime que le nombre total de cas serait de 43.000 à 46.000 et le nombre de décès serait de 27.000 à 29.000 (63%) (7).

Au cours du premier semestre 1995, il y a eu 3.100 nouveaux cas, parmi lesquels, 37% sont des homosexuels et bisexuels, 28% des toxicomanes et 17% des hétérosexuels.  Le pourcentage des hémophiles et des transfusés se réduit en raison du dépistage obligatoire chez les donneurs de sang et du chauffage des facteurs de coagulation. Les enfants contaminés par leur mère représentaient 0,5 % des cas diagnostiqués en 1994.  

Le nombre de décès est encore en augmentation (13% entre 1993 et 1994) et concerne tous les groupes de transmission à l'exception des hémophiles et d'autres transfusés. Le nombre de  séropositifs estimé par des enquêtes de prévalence serait d'environ 110.000 (8).

En France, les régions les plus touchées par le SIDA sont l'Ile de France et les Antilles-Guyane (1 cas pour 600 habitants) et les moins touchées sont le Nord-Pas-de-Calais, la Franche-Comté, la Bretagne, la Champagne-Ardenne, l'Auvergne, la Bourgogne, l'Alsace et le Centre (1 pour 4.000 habitants) (7).

           

4.1 Le dépistage

 

Le dépistage du SIDA s'adresse principalement aux sujets qui ont un comportement à risque. Il est réalisé essentiellement par des méthodes sérologiques qui permettent de déceler la présence d'anticorps anti-VIH. Cette détection est réalisée habituellement par la méthode ELISA.

En cas de positivité du test par la méthode d'ELISA, il faut confirmer le diagnostic, sous un deuxième prélèvement sanguin, par un test de Western-blot. Un Western-blot négatif invalide le résultat du test d'ELISA.

Des réactifs de dépistage mixte (VIH1, VIH2) sont actuellement disponibles, très sensibles et spécifiques. 

Les anticorps anti-VIH apparaissent généralement 6 à 8 semaines après la contamination. Un test négatif 3 à 6 mois après l'éventuelle contamination doit être considéré comme rassurant. Les séroconversions plus tardives sont rares.

Le nouveau-né dont la mère est infectée, présente à la naissance un test positif correspondant au passage d'anticorps anti-VIH de la mère à l'enfant. Ces anticorps disparaissent progressivement à partir de la deuxième année et l'enfant produira ses propres anticorps s'il est contaminé, restant toujours séropositif. En revanche, un enfant non contaminé (4 sur 5) deviendra séronégatif.

De nouvelles méthodes, basées sur la détection directe du virus, permettent actuellement de faire un diagnostic plus rapide chez les enfants de mère séropositive. Dans la majorité des cas, ce diagnostic se fait après trois à six mois de vie.

Le dépistage de l'infection par le VIH est basé sur le volontariat et la responsabilité de chaque individu, bien qu'il existe depuis 1985 l'obligation légale du dépistage pour le donneur de sang, de tissu, de cellules et de sperme. En outre, depuis 1993, on propose systématiquement le test lors de l'examen prénuptial et prénatal.

Le dépistage est fortement conseillé aux sujets exposés au risque de contamination: toxicomanes par voie intraveineuse, homosexuels, bisexuels, transfusés pendant la période 1978 à août 1985, prostituées, sujets atteints de maladies sexuellement transmissibles (syphilis, hépatite B, gonorrhée..), personnes ayant séjournées en zone d'endémie (Afrique noire, Caraïbes) qui ont été traitées par voie parentérale ou ont eu des relations sexuelles avec des personnes autochtones, partenaires sexuels de sujets qui ont un comportement à risque.

En France, le test de dépistage peut être proposé par tout médecin, et aussi dans les Consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG), dans les dispensaires antivénériens, les consultations de PMI prénuptiales, pré et postnatales.

Le nombre de tests réalisés a fortement augmenté au cours des dernières années. Il est de 6 à 7 millions par an, dont environ 830.000 sont prescrits par les médecins de ville et 190.000 par les CDAG (4).

 

4.2 La prévention

 

La prévention repose essentiellement sur l'information et l'éducation pour la santé et concerne principalement les deux modes de transmission actuels: sexuel et sanguin.

La prévention de la contamination par voie sexuelle se fait essentiellement par l'information sur les situations à risque et les moyens de se protéger contre l'infection.

En effet, les partenaires sexuels multiples augmentent les possibilités de rencontrer une personne atteinte de SIDA et de contracter cette infection. Ce risque est le même pour le ou la partenaire de la personne à partenaires multiples.

La transmission sexuelle est le mode de contamination le plus fréquent et se fait lors des rapports vaginaux ou anaux. Les rapport bucco-génitaux (fellation, cunnilingus) peuvent être contaminants mais à un moindre degré.

A l'heure actuelle, le seul moyen efficace de prévention lors des rapports sexuels est l'utilisation du préservatif, à condition qu'elle soit correcte et constante.

La transmission par voie sanguine se fait soit par la transfusion de produits contaminés ou par l'utilisation des seringues contaminées chez les toxicomanes. La prévention dans ce dernier groupe passe surtout par une solution globale de la toxicomanie. Néanmoins, les programmes d'échanges de seringues et de substitution par la méthadone peuvent être une réponse partielle pour essayer de diminuer la dissémination du VIH.