|
1.
LA TUBERCULOSE PULMONAIRE
La tuberculose est une maladie
provoquée par le mycobactérium tuberculosis (bacille de Koch) et
transmise par voie respiratoire. Lorsqu’un sujet atteint de tuberculose
tousse ou parle, il émet des micro-gouttelettes véhiculant le bacille.
Cette transmission aérienne des
bacilles peut produire une primo-infection (tuberculose-infection), qui
se manifeste par l'apparition d'une réaction cutanée au test de la
tuberculine. La tuberculose-infection n'est qu'une réaction
immunologique (de défense) de l'organisme face à la présence du bacille
de Koch (BK). Mais elle peut évoluer vers la tuberculose-maladie dans
10% de cas. Seule les personnes atteintes de la tuberculose-maladie sont
capables de transmettre cette affection.
Généralement, chez les patients
traités efficacement, la maladie évolue vers la guérison dans presque
100% des cas. En revanche, chez les non-traités, elle devient chronique
dans 25% des cas, provoque la mort dans 50% des cas et évolue vers la
guérison spontanée dans 25% des cas.
En France, le nombre de cas déclarés
de tuberculose-maladie a cessé de diminuer depuis 1991. Il a même
augmenté, passant de 14,9 pour 100.000 en 1991 à 17,2 pour 100.000 en
1993, soit une progression de 16%.
Ces données cachent des disparités
importantes selon les régions, le sexe, l'âge, la catégorie
socio-professionnelle et le pays de naissance. Ainsi par exemple,
l'incidence de la tuberculose est plus élevée:
- dans les régions du Nord, la
Bretagne et le Massif Central. A Paris, le taux d'incidence est de 37
pour 100.000;
- chez les hommes: 64% du total de
cas déclarés;
- avec l'âge: 33% des cas ont plus de
55 ans;
- dans les catégories de population
plus défavorisées (40% des cas).
Dans notre pays, les groupes les plus
exposés au risque d'infection se trouvent parmi:
- les personnes en situation de
grande précarité, les
toxicomanes et les résidents des
maisons d'arrêt;
- les immigrés provenant d'un pays de
haute incidence
de la tuberculose;
- les personnes âgées de plus de 65
ans;
- les sujets infectés par le virus du
SIDA (V.I.H.);
- les sujets en contact de
tuberculeux contagieux.
1.1 Le dépistage
Compte tenu de la situation
épidémiologique de la tuberculose en France, le dépistage n'est pas
systématique, mais sélectif, c'est-à-dire qu'il est adressé aux
populations à haut risque. Il est donc préférable de dépister la
tuberculose dans des établissements tels que, les maisons d'arrêt, les
centres d'hébergement et de réadaptation sociale, les foyers de
migrants, les maisons de retraite, les centres pour toxicomanes, les
établissements accueillant des immunodéprimés et chez les personnels
soignants des services hospitaliers ou intervenants à domicile.
Cependant, le dépistage de la
tuberculose continue à être réalisé de façon systématique dans certaines
institutions. Ainsi par exemple, les dispensaires antituberculeux ont
réalisé en 1990 plus de 600.000 examens radiologiques systématiques pour
seulement 220.000 examens orientés (1).
Habituellement, deux types de test
sont utilisés pour le dépistage de la tuberculose pulmonaire: la
radiophoto du thorax et les tests cutanés. La sensibilité et la
spécificité de ces deux tests sont convenables quand les taux
d'incidence et de prévalence de la tuberculose sont élevés.
Parmi les tests cutanés,
l'intradermo-réaction (IDR) à la tuberculine ou réaction de Mantoux est
le seul test quantitatif recommandé. La tuberculine est une fraction
protéique du bacille de Koch, qui provoque lorsqu'elle est injectée dans
la peau d'un sujet infecté par le BK ou vacciné par le B.C.G., un
épaississement cutané localisé. Cette réaction met en évidence une
réponse immunologique due à une tuberculose-infection chez les sujets
non vaccinés.
Dans la pratique chez l'individu
immunocompétent, l'IDR est positive si l'induration provoquée a un
diamètre transversal égal ou supérieur à 10 mm., elle est négative si le
diamètre est inférieur à 5 mm., et incertaine s'il est compris entre 5
et 9 mm.
Chez le sujet infecté par le V.I.H.,
le test est positif si l'induration est égale ou supérieur à 5 mm.
L'interprétation des résultats de l'IDR
doit tenir compte des antécédents de vaccination B.C.G., de l'âge du
sujet et de son état immunitaire. Ainsi, par exemple, chez le sujet
vacciné (B.C.G.) l'IDR positive n'est pas une preuve concluante de
tuberculose-infection, par contre chez l'individu ayant une IDR
antérieurement négative, le virage vers la positivité suggère une
tuberculose-infection.
1.2 La Prévention
La prévention primaire passe
essentiellement par la vaccination par le B.C.G. (Bacille de Calmette et
Guérin). En France, elle est obligatoire , sauf contre-indications
médicales reconnues, à des âges déterminés et en fonction du milieu de
vie ou de risque que font encourir certaines activités (article L215 du
code de la santé publique). Le B.C.G. est réalisé généralement chez
l'enfant avant l'entrée en collectivité et doit être contrôlé par le
test de la tuberculine 3 à 12 mois après la vaccination.
Il est conseillé de réaliser un autre
contrôle entre 16 et 18 ans et si le test de la tuberculine est négatif
refaire une nouvelle vaccination par le B.C.G.
Sur le plan individuel, le B.C.G.
protège contre la tuberculose pulmonaire dans 50% de cas et contre la
tuberculose disséminée et la meningée dans 80% des cas.
La prévention doit aussi comporter
des actions pour identifier et dépister les groupes à haut risque ainsi
que l'identification et la prise en charge des sujets en contact avec
les tuberculeux contagieux. Les sujets ayant eu un contact étroit ou
régulier avec un malade contagieux doivent passer un bilan comportant un
examen clinique, le test de la tuberculine et une radiographie du
thorax.
Afin d'éviter la tuberculose-maladie,
les sujets atteints d'une tuberculose-infection doivent suivre un
traitement, qui repose sur l'utilisation de l'isoniazide à raison de
5mg/Kg/jour pendant 6 mois chez les sujets immunocompétents et d'une
durée d'un an chez les individus immunodéprimés.
La prévention secondaire repose sur
le diagnostic et le traitement précoce de la tuberculose-maladie pour
empêcher le sujet malade de contaminer son entourage, atteindre une
guérison rapide et éviter des séquelles ou des complications.
2. LA
RUBEOLE, LA RUBEOLE CONGENITALE
La rubéole est une maladie virale
fréquente chez l'enfant, surtout entre 5 et 9 ans. Elle représente
encore aujourd'hui un problème de santé publique, du fait de son effet
nocif sur le foetus au cours des trois premiers mois de son
développement.
Selon les données recueillies par le
réseau RENARUB (réseau de laboratoires d'analyses de biologie médicale
français), l'incidence de rubéole congénitale était de 1,3 pour 100.000
naissances, en 1993 (6). Ce chiffre ne reflète pas la réalité, car un
certain nombre de rubéoles congénitales ne sont pas diagnostiquées à la
naissance.
La séropositivité des femmes
françaises en âge de procréer est de 85 à 95 %.
Chez la femme, la primo-infection au
cours des trois premiers mois de la grossesse est à l’origine de la
rubéole congénitale, responsable de malformations isolées ou simultanées
d'un certain nombre d'organes chez le foetus. La gravité des
malformations dépend surtout de la précocité de l'infection pendant le
premier trimestre de gestation. Les organes atteints sont
principalement:
- le coeur: sténose pulmonaire,
persistance du canal artériel, communication inter-auriculaire ou
inter-ventriculaire;
- l'oeil: choriorétinite, cataracte,
micropthalmie, glaucome;
- l'oreille: surdité;
- cerveau: microcéphalie, arriération
mentale, méningo-encéphalite;
- divers: purpura, hépatosplénomégalie, jaunisse;
En outre, la rubéole congénitale peut
aussi provoquer la mort foetale et un avortement spontané.
2.1 Le dépistage
Le dépistage doit être proposé à
toutes les femmes non vaccinées avant la grossesse afin de savoir si
elles ont des défenses immunitaires contre la rubéole. En outre, toute
femme, au début de la grossesse, qui ignore si elle a eu la rubéole ou a
été vaccinée, doit être dépistée le plus rapidement possible. Si le test
est négatif (séronégativé), une surveillance sérologique au cours du
premier trimestre doit être mise en place (deuxième test sérologique
vers la dix-septième semaine de grossesse).
En France, le test de dépistage chez
la femme enceinte est obligatoire depuis 1978 et repose sur le dosage
des anticorps rubéoliques dans le sérum. Les tests les plus utilisés
sont:
- l'inhibition de l'hémagglutination
(IHA). Un résultat de 1/120e voir 1/140e signifie que la personne est
protégée contre la rubéole;
- le dosage immunoenzymatique
(ELISA);
Ces tests satisfont à tous les
critères spécifiés.
2.2 La prévention
La prévention primaire comporte
essentiellement la vaccination systématique de toutes les filles avant
la puberté et des femmes non immunisées avant la grossesse.
L'objectif principal est d'obtenir
100% de couverture vaccinale chez les femmes en âge de procréer. Pour
arriver à ces fins, la meilleure stratégie repose sur la vaccination
universelle. En France, le vaccin contre la rubéole est proposé à
partir de 12 mois avec un rattrapage à l'âge de 6 ans pour les enfants
non vaccinés. Une revaccination entre 11 et 13 ans permet de réactiver
l'immunité des enfants vaccinés entre 1 à 2 ans et de récupérer les
personnes qui ont eu une mauvaise réponse à la primo-vaccination, ainsi
que toutes celles qui ont encore échappé à la vaccination. Le vaccin est
efficace (dans 90% des cas), sûr et acceptable. Il n'est pas recommandé
de vacciner les femmes au début de la grossesse du fait de l'action
théoriquement tératogène du virus du vaccin. Cependant, la vaccination
d'une femme qui ignore qu'elle est enceinte, ne doit pas être considérée
comme une indication d'avortement. Il faut en tout cas l'informer sur le
risque, en sachant que la décision finale appartient aux parents.
Toutefois, une étude montre qu'aucune malformation n'a été découverte
chez 300 enfants américains nés de femmes vaccinées, au cours du premier
trimestre de leur grossesse, par méconnaissance de leur état (7).
Chez la femme enceinte, infectée au
cours des trois premiers mois de la grossesse la seule mesure préventive
est l'avortement thérapeutique, car il existe un risque très élevé de
malformation chez le fœtus.
3. LA TOXOPLASMOSE, LA TOXOPLASMOSE CONGÉNITALE
La toxoplasmose est une maladie
fréquente et généralement asymptomatique chez l'adulte. Elle est
provoquée par le Toxoplasma gondii, parasite qui se trouve à
l'intérieur de la cellule et dont les kystes sont situés dans les
muscles et le tissu nerveux, spécialement la rétine.
Le chat est un réservoir privilégié
du parasite et transmet la maladie par l'intermédiaire de ses selles
infectées d'oocytes (oeufs du parasite). La toxoplasmose est aussi
transmise par l'ingestion des kystes contenus dans certaines viandes
crues.
Chez l'adulte immunocompétent, la
toxoplasmose passe complètement inaperçue; rarement, elle donne une
symptomatologie. Celle-ci se caractérise par une fébricule, une asthénie
et des adénopathies au niveau occipital et du cou (jugulo-carotidien).
Chez l'adulte immunodéprimé,
cirrhotique ou cancéreux, la maladie peut se manifester par un syndrome
infectieux grave.
Une primo-infection chez la femme
enceinte est grave car elle peut infecter le foetus et provoquer un
avortement spontané ou des lésions importantes chez le foetus.
La probabilité de transmettre la
maladie au foetus (si la femme n'est pas traitée) est de 15% au premier
trimestre, 45% au deuxième trimestre et 68% au troisième (9). Environ 8%
des nouveau-nés infectés auront des lésions importantes (10).
La gravité de ces lésions dépend de
la date de la contamination foetale. Ainsi, une toxoplasmose congénitale
apparue au cours:
- du premier trimestre, peut
provoquer chez le nouveau-né des anomalies très importantes: troubles
oculaires (iridocyclites, choriorétinite), neurologiques (microcéphalie,
hydrocéphalie, épilepsie, retard psychomoteur, oligophrénie);
- du deuxième trimestre, laisse des
séquelles d'ordre neurologique (encéphalopathie, crises convulsives,
hypotonie)
- du troisième trimestre, peut
provoquer un ictère néonatal intense avec hépatosplénomégalie et
purpura.
Si le nouveau-né ne présente aucun
type de malformation apparente, une surveillance oculaire est
recommandée, en raison de la persistance de kystes au niveau de la
rétine.
En France, la fréquence du test
sérologique positif de la toxoplasmose (séroprévalence) chez la femme en
âge de procréer est de 50 à 70%. Le taux de séroconversion chez la
femme enceinte est de 0,8 à 2% et l'incidence de toxoplasmose
congénitale de 1 à 3 pour 1.000 naissances (700 à 2.000 cas par an).
3.1 Le dépistage
Le but du dépistage de la
toxoplasmose est de déceler le plus précocement possible une
primo-infection et de détecter les patientes non immunisées exposées au
risque de toxoplasmose.
Ce dépistage doit être proposé avant
le début de la grossesse ou le plus rapidement possible au cours de
celle-ci.
Toutes les femmes enceintes
séronégatives doivent être contrôlées mensuellement (surveillance
sérologique) afin de déceler une séroconversion et permettre de la dater
par rapport au début de la grossesse.
Les tests sérologiques détectent
l'apparition des immunoglobulines (Ig) spécifiques. En cas d'infection,
trois types d’immunoglobulines (IgM, IgA, IgE) atteignent leur taux
maximal en 15 jours et l'IgG en 2 à 4 semaines. Les tests utilisés
sont:
- Le Dye test (Sabin Feldman);
- Le test d'immunofluorescence
indirecte;
- L'ELISA;
- Le test d'agglutination directe
sensibilisé;
- L'ISA;
- L'ISAGA.
3.2 La prévention
La prévention de la toxoplasmose
congénitale repose sur:
- la détection des femmes
séronégatives. En France, depuis 1978, le dépistage est obligatoire pour
la femme au moment de l'examen prénuptial et de la déclaration de
grossesse.
- le respect de certaines mesures
d'hygiène chez la femme enceinte non immunisée (séronégative): éviter de
manipuler la viande crue, de caresser les chats et de manipuler leurs
litières; bien cuire la viande et les légumes.
- la surveillance sérologique
mensuelle pour toutes les femmes enceintes séronégatives.
- le traitement à base de spiramycine
pour toutes les femmes enceintes qui font une séroconversion au cours de
leur grossesse. Le traitement réduit de 50% le risque d'infection
foetale.
- le conseil pour les femmes qui ont
eu une toxoplasmose aiguë d'attendre six mois avant de débuter une
grossesse.
4. L'HEPATITE
VIRALE
L'hépatite virale est une maladie
endémique, produite par différents types de virus: A, B, C, D, E. Une
étude récente a mis en évidence l’existence de trois nouveaux virus
appelés GBV-A, GBV-B et GBV-C.
L'hépatite virale se caractérise
principalement par l'apparition d'un ictère accompagné d'asthénie,
anorexie, céphalée, fébricule, arthralgies et hépatalgies. Mais dans la
plupart des cas la maladie reste méconnue par le sujet, car elle est
asymptomatique ou donne des signes
trop discrets. Cependant dans un pourcentage variable, selon le type de
virus, la maladie peut avoir une évolution fatale ou grave vers
l'hépatite fulminante, l'hépatite chronique, la cirrhose ou le cancer du
foie.
L'hépatite A, produite par le virus A
(VHA), se transmet généralement par l'ingestion d'aliments souillés par
les matières fécales d'une personne atteinte de la maladie. Sa
transmission sexuelle est encore douteuse, bien que des études aient
montré la possibilité d'infection par contact oro-oral ou oro-anal.
L'hépatite A est la plus fréquente
(plus de 50% du total des cas), souvent bénigne, et rarement mortelle
(taux de létalité d'environ 0.1%). Les groupes à risque se trouvent
principalement chez le personnel sanitaire et des industries
alimentaires.
L'hépatite B (hépatite sérique,
hépatite à antigène australienne), provoquée par le virus B (VHB), est
une affection plus fréquente chez l'adolescent et le jeune adulte.
La transmission de la maladie se fait
par voie sanguine, sexuelle ou mère-enfant. Le virus B, qui contient
divers types d'antigènes (HBs, HBc, HBe), se trouve dans le sang et dans
des sécrétions ou liquides biologiques (salive, sperme, selles,
sécrétions vaginales).
La maladie est souvent asymptomatique
(70 à 90% de cas). Sur 100 personnes contaminées par le VHB (11),
seulement une seule aura une hépatite fulminante et 10 évolueront vers
la chronicité. Parmi ces dernières, 3 auront un foie normal, 4 auront
une hépatite chronique caractérisée par des anomalies des preuves
hépatiques et 3 auront des hépatites chroniques actives qui évolueront
souvent vers la cirrhose ou l’hépatocarcinome (Cancer du foie).
En France, on estime à 2 millions le
nombre de cas d'hépatite B, parmi lesquels 200.000 sont porteurs
chroniques de l'antigène HBc et contagieux (12).
Selon le réseau national de
surveillance des maladies transmissibles, il existe, en France, de
33.000 à 100.000 nouveaux cas annuels d'hépatite B. Elle est plus
fréquente chez l'homme et dans le groupe d'âge des 20 - 29 ans (13).
La contamination la plus fréquente
semble être la voie sexuelle suivie de la voie sanguine chez les
toxicomanes et le personnel médical et paramédical (matériel de soins
contaminé). La contamination mère-enfant se fait après la naissance, au
cours des premiers mois. Sur 800.000 naissances annuelles, on compte
8.000 enfants infectés par cette voie de transmission; la plupart de ces
enfants développeront une hépatite chronique.
L'hépatite D est un type d'hépatite
qui ne se développe que s'il y a une infection simultanée VHB et VHD ou
si la personne a été préalablement infectée par le VHB. En effet, le VHD
a besoin de la présence du virus de l'hépatite B pour assurer sa
multiplication. On estime qu'il existe à l'échelle mondiale 15 millions
de personnes infectées par le VHD avec une incidence très importante
dans les pays tropicaux ou subtropicaux.
L'hépatite C est un problème de santé
publique important du fait de sa prévalence. On considère qu'environ
500.000 personnes ont été infectées et le plus grand nombre à l'occasion
d'une transfusion sanguine. Ce risque de contamination a diminué grâceau
dépistage de l’hépatite C chez les donneurs du sang. En outre, on estime
que 80% des toxicomanes sont contaminés par le VHC.
La maladie est très souvent
asymptomatique et plus de la moitié des cas évolue vers l’hépatite
chronique et plus tard (10 à 20 ans) vers la cirrhose (20% de cas
d’hépatite chronique).
L'hépatite E est provoquée par le VHE
et transmise par voie oro-fécale. Elle est plus fréquente dans certains
pays en voie de développement (Inde, Mexique,..) et chez les jeunes.
Les hépatites C et E représentent
environ 95% des hépatites antérieurement appelées non A, non B . Il
reste encore un pourcentage réduit d'hépatites succédant à une
transfusion sanguine où les tests pour dépister une infection B ou C
sont négatifs. Il est probable que ces hépatites sont dues à d'autres
virus non encore identifiés ou à ceux récemment découverts (GVB-A, GVB-B,
GVB-C).
4.1 Le dépistage
Le dépistage de l'hépatite A repose
sur l'utilisation des méthodes de type ELISA et radio-immunologiques
(RIA). Ces tests ont une spécificité et sensibilité convenable et
répondent aux critères définis pour les tests de dépistage.
Le dépistage de l'hépatite B se fait
par la détection des antigènes et des anticorps propres à ce type
d'hépatite. Les antigènes décelés sont connus sous les sigles: HBs et
HBe, et les anticorps sous les noms: anti-HBs, anti-HBc et anti-HBe.
Ce dépistage doit être adressé aux
groupes à haut risque: les toxicomanes utilisant la voie intraveineuse,
les partenaires sexuels multiples, les hémodialysés, les hémophiles, les
polytransfusés, les enfants nés de mère infectée par le VHB et le
personnel sanitaire.
Le dépistage de l'hépatite D
(infection à VHB et à VHD) a pour objectif de déceler la présence
d'anticorps anti-D ou d'antigène D. Ces derniers sont détectés par
radio-immunologie ou enzymo-immunologie.
Si l'infection est simultanée (VHB et
VHD) le diagnostic est fait devant la présence d'anticorps anti-D de
type IgM et d'anti-HBc du même type. La persistance d'anticorps anti-D
est un signe d'évolution vers la chronicité.
Si l'infection se produit chez une
personne déjà contaminée par le VHB (porteur chronique d'Ag HBs)
l'anticorps anti-D de type IgM est présent mais l'anti-HBc de type IgM
est absent.
Le dépistage de l'hépatite C repose
sur la détection d'anticorps anti-VHC. Il se fait par la méthode ELISA
de deuxième et troisième génération. Cependant si les résultats sont
positifs, il faut pratiquer un test de confirmation RIBA. Si ce test
donne des résultats ambigus, le test PCR qui décèle l'ADN du VHC,
pourrait être utile.
L'anticorps anti-VHC est présent dans
le sérum 30 à 90 jours après l'infection et il persiste très longtemps
voire toute la vie. Sa présence témoigne donc d'une infection passée ou
d'une infection encore active avec multiplication virale persistante.
Face à cette ambiguïté, le détection de l'ADN du VHC pourrait trancher
entre ces deux possibilités.
L'hépatite E peut être détectée grâce
à la présence des anticorps anti-VHE de type IgM et IgG. Mais les tests
de détection de cette hépatite ne sont pas encore commercialisés.
4.2 La prévention
La prévention primaire de l'hépatite
A passe par l'application de mesures d'hygiène, notamment le contrôle de
la qualité de l'eau et la vaccination. Cette dernière protège l'individu
pendant une longue période (environ 10 ans).
En France, le vaccin contre le VHA
n'est pas obligatoire, mais il faudrait le proposer à ceux qui voyagent
dans des régions endémiques aux personnels sanitaires et aux personnels
des institutions pour handicapés.
La prévention primaire de l'hépatite
B passe par la vaccination, qui est proposée actuellement aux enfants, à
partir de 2 mois. En attendant que la couverture vaccinale soit
généralisée, elle doit aussi être pratiquée chez les groupes à haut
risque et aux patients qui vont recevoir une greffe, les handicapés
mentaux vivant en institution, l'entourage familial d'un porteur
chronique du virus. Depuis 1991, la vaccination contre l'hépatite B est
obligatoire pour le personnel de santé.
Pour les personnes infectées
accidentellement par piqûre ou chez le nouveau-né d'une mère infectée
par le VHB, il est impératif de procéder à une injection le plus
rapidement possible d'immunoglobulines riches en anticorps anti-HBs
associée à une vaccination.
Pour le virus de l'hépatite D, la
prévention est la même que pour le VHB. Etant donné sa dépendance
vis-à-vis du virus B, la prévention repose donc sur la vaccination
contre le VHB.
Actuellement, il n'existe pas de
vaccin contre l'hépatite C et la prévention se traduit donc par
l'application des mesures générales de protection contre le contact avec
du sang infecté par le VHC. Ces mesures concernent principalement le
personnel de santé et les toxicomanes.
5.
LA CHLAMYDIA TRACHOMATIS
La chlamydia trachomatis est
un micro-organisme gram-négatif qui se développe à l'intérieur de la
cellule. Elle est à l'origine d'un certain nombre de maladies (trachome,
maladie de Nicolas Favre, infections sexuellement transmises).
Les chlamydia trachomatis
responsables des infections sexuellement transmises, provoquent :
- chez l'homme, des épididymites, des
urétrites, des arthrites, des stomatites et des pharyngites;
- chez la femme, des endocervicites,
des bartholinites, des urétrites, des endométrites, des périhépatites,
des péritonites et des salpingites aiguës et chroniques (représentant
ainsi la première cause de stérilité tubaire);
- chez la femme enceinte, des
avortements spontanés, des morts foetales et des grossesses
extra-utérines;
- chez le nouveau-né et le
nourrisson, des conjonctivites, des pneumonies, des laryngites et des
otites.
L'infection à chlamydia
trachomatis ne permet pas à l'organisme d'éviter une réinfection,
car aucune immunité acquise n'a été prouvée. Elle touche principalement
les jeunes adultes et serait à l'origine de quarante mille nouveaux cas
de salpingites par an. Ces dernières peuvent provoquer une stérilité ou
une grossesse extra-utérine.
5.1 Le dépistage et la prévention
Le dépistage pourrait éventuellement
s'adresser plus particulièrement aux femmes enceintes en raison des
atteintes néonatales ou périnatales provoquées par ce micro-organisme.
Néanmoins, le dépistage n'est pas
recommandé, en raison de l'absence d'un test efficace et du manque de
données relatives au coût-efficacité de cette action. Ce déficit
d'information est dû, entre autres, à l'insuffisance des données
statistiques sur les femmes enceintes atteintes de cette maladie et sur
la transmission au nouveau-né.
Les tests sérologiques utilisés
actuellement n'ont ni une sensibilité ni spécificité convenables et les
autres examens ne réunissent pas tous les critères pour être utilisés
comme un test de dépistage (simplicité, coût....). Parmi ces tests on
peut mentionner, la micro-immunofluorescence (MIF) et le test d'ELISA.
De nouveaux tests sont en évaluation, comme par exemple la recherche de
l'antigène chlamydien dans les urines, qui pourrait éventuellement être
utilisé comme test de dépistage.
Le diagnostic d'une infection active
se fait principalement par la mise en évidence de chlamydia
trachomatis par culture et par la présence d'anticorps (test de MIF
ou ELISA).
La prévention primaire comporte des
mesures semblables aux autres maladies sexuellement transmissibles. La
prévention secondaire repose principalement sur le diagnostic et le
traitement précoce de l’infection, notamment chez la femme enceinte.
|