|
IV
- Les autres maladies cardio-vasculaires
1.
Les maladies veineuses
2.
Les valvulopathies
3.
Les troubles du rythme cardiaque
3.1
Le rythme normal
3.2
Les troubles du rythme actifs
3.3
Les troubles de la conduction auriculo-ventriculaire
4.
L'insuffisance cardiaque
LES
AUTRES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES
1.
LES MALADIES VEINEUSES
_________________________________________________________
-
Provoquées par une insuffisance des valvules veineuses
-
Dilatation des veines des membres inférieurs, plus souvent superficielle, plus
fréquente chez la femme;
-
symptômes: jambes lourdes, gonflement des jambes, prurit et crampes nocturnes;
-
Complications: ulcères, ruptures des veines et thrombophlébites;
_________________________________________________________
Les
veines sont des composantes du système de circulation du sang, qui ramènent le
sang vers le coeur (ventricule droite).
La
circulation veineuse de retour des membres inférieurs se fait par l'intermédiaire
d'un réseau veineux profond, localisé au sein des masses musculaires (veines
tibiales, péronières poplitées et fémorales) et d'un réseau superficiel,
qui prend origine au niveau du pied et progresse sous la peau (veines saphène
interne, saphène externe). Les deux réseaux sont en communication par les
veines perforantes et normalement le sang veineux du réseau superficiel se
draine dans le réseau profond, 90 % du sang veineux des membres inférieurs
passant par la voie profonde.
Pour
assurer le retour du sang vers le coeur, qui se fait en grande partie contre la
pesanteur, les veines sont dotées de valvules qui empêchent le reflux du sang:
elles s'ouvrent au moment du passage du sang pour se fermer ensuite et empêcher
tout reflux. Un autre élément important pour assurer le retour veineux est la
contraction des muscles des membres inférieurs qui comprime les veines
profondes et fait ainsi progresser le sang dans le sens que permet le jeu
valvulaire. La contraction musculaire agit seulement sur les veines profondes et
non sur les veines superficielles.
Quand
les valvules deviennent insuffisantes, le sang à beaucoup de difficulté "à
monter". Le reflux sanguin provoque en position debout une hyperpression
dans la veine et entraîne des dilatations veineuses appelées varices.
Les
varices sont plus fréquentes chez la femme (75% de cas) que chez l'homme et
sont plus souvent superficielles.
Certains
facteurs accroissent le risque de varices: la grossesse, la chaleur et la
position débout prolongée.
Le
diagnostic est facile à réaliser et généralement le patient consulte en
raison de l'aspect inesthétique des
varices, de la sensation de jambes lourdes, de prurit, de gonflement des jambes
et de crampes nocturnes.
Les
complications les plus fréquentes sont l'ulcère de jambe, les ruptures
veineuses et la thrombophlébite.
Les
ruptures sont généralement spontanées ou provoquées par un traumatisme.
Elles sont souvent externes (réseau externe), plus rarement internes provoquant
alors un hématome.
La
thrombophlébite est une inflammation de la veine associée à une thrombose,
elle est généralement localisée et s'accompagne d'une fébricule (faible fièvre).
L'ulcère
variqueux survient sous une peau altérée par une hyperpression veineuse
locale. Cette dernière provoque
des extravasations sanguines et une anoxie du tissu à l'origine des altérations
de la peau (atrophie cutanée, oedème, sclérose).
Les
traitements des varices comporte:
-
la contention élastique en utilisant des bandes ou des bas;
-
la sclérose des vaisseaux, qui consiste à injecter une substance pour
thromboser les veines atteintes;
-
la chirurgie, qui permet d'extirper la ou les veines malades (éveinage);
-
le traitement médicamenteux très souvent palliatif.
Des
mesures préventives peuvent être envisagées surtout chez les femmes ayant des
antécédents familiaux de varices. Elles tendent à éviter la position debout
prolongée et à fortifier les muscles des membres inférieurs par la marche et
la gymnastique.
2.
LES VALVULPATHIES
_________________________________________________________
*
Le cœur a quatre valvules: mitrale, tricuspidienne, aortique et pulmonaire.
*
Le rétrécissement ou l'insuffisance de ses valvules peuvent provoqués des
troubles hémodynamiques.
*
Le diagnostic des valvulopahies se fait à l'auscultation, mais surtout à l'échocardiographie.
*
Le traitement des valvulopathies est chirurgical.
_________________________________________________________
Le
cœur est composé de quatre cavités: deux ventricules (droit, gauche) et deux
oreillettes (droite, gauche). Les deux cavités gauches (ventricule et
oreillette) sont en communication par l'intermédiaire de l'orifice mitral qui
présente une valvule du même nom. Les cavités droites communiquent par
l'orifice tricuspidien qui a aussi une valvule. Le ventricule gauche éjecte du
sang oxygéné vers l'ensemble de l'organisme par l'intermédiaire de l'artère
aorte qui communique avec le ventricule par l'orifice aortique. Quand au
ventricule droit, il envoie le sang vers les poumons par l'artère pulmonaire
qui communique avec ce ventricule par l'orifice pulmonaire qui présente lui
aussi une valvule.
Les
lésions des valvules mitrale, tricuspide, aortique ou pulmonaires sont appelés
valvulopathies et peuvent être de deux types: rétrécissement (sténose) et
insuffisance.
Dans
le rétrécissement l'orifice est réduit constituant ainsi un obstacle au
passage du sang. Dans l'insuffisance, les valves sont incapables de se fermer
correctement et laisse ainsi refluer le sang.
Généralement,
ces lésions sont d'origine rhumatismale (rhumatisme articulaire aigu) ou dégénératives
surtout chez le sujet âgé.
Le
rétrécissement mitral (RM) est généralement provoqué par le rhumatisme
articulaire aigu, maladie plus fréquente chez la femme (4 femmes pour 1 homme),
qui survient habituellement entre 5 et 15 ans.
Du
fait de la sténose mitrale, le sang a du mal à passer de l'oreillette vers le
ventricule gauche provoquant une augmentation de la pression et une dilatation
de l'oreillette gauche, à l'origine de la fibrillation auriculaire. Si le rétrécissement
est serré l'augmentation de la pression au niveau de l'oreillette peut se répercuter
sur les veines pulmonaires et être à l'origine d'un oedème du poumon, caractérisé
par des difficultés respiratoires.
Le
traitement va dépendre du degré de la sténose. Si le rétrécissement est peu
serré et sans complication, il est proposé une surveillance annuelle (examen
clinique et échocardiographie).
En
cas de rétrécissement serré avec des valves calcifiées, il est nécessaire
d'insérer une prothèse valvulaire. Si le rétrécissement est serré avec des
valves non calcifiés, on peut proposer deux types d'intervention: La
valvuloplastie et la chirurgie. La première consiste à introduire une sonde,
par l'artère fémorale, jusqu'au coeur. Cette sonde a dans son extrémité
distale un ballonnet gonflable
permettant de dilater l'orifice rétréci. La chirurgie à
coeur ouvert a pour objectif de libérer les clapets des valves soudées qui
provoquent le rétrécissement.
L'insuffisance
mitrale (IM), par contre, est à l'origine du reflux du sang car la fermeture
des valves est déficiente. Cette incontinence de la valvule mitrale est provoqué
par le rhumatisme articulaire aigu chez les jeunes ou par une dégénérescence
du tissu fibro-élastique des valves chez le sujet âgé.
L'IM
entraîne le reflux du sang du ventricule gauche vers l'oreillette gauche
provoquant une augmentation du volume du sang dans l'oreillette qui risque de se
répercuter vers le poumon, entraînant des troubles respiratoires.
La
dilatation de l'oreillette gauche favorise l'apparition de la fibrillation
auriculaire.
Le
traitement chirurgical (prothèse valvulaire) est proposé chez les sujets qui
ont une insuffisance mitrale avec des problèmes respiratoires importants.
Certains
patients présentent à la fois un rétrécissement et un insuffisance mitrale
(maladie mitrale)
3.
LES TROUBLES DU RYTHME CARDIAQUE
_________________________________________________________
*
L'activité électrique du coeur peut être analysée par l'électrocardiogramme
(ECG).
*
L'ECG peut nous fournir des information sur différents troubles du rythme
cardiaque: tachycardie, fibrillation, extrasystoles, bloc de branche.
*
Certains troubles du rythme cardiaque doivent être traités pour éviter des
complications (Accidents vasculaires cérébraux, insuffisance cardiaque,..).
_________________________________________________________
3.1
Le rythme normal
Le
coeur est composé de fibres musculaires qui sont à la base du travail de
contraction de cet organe, il possède aussi des fibres spécialisées dans la
conduction de l'influx électrique. Ce système de conduction est composé par:
1.
le noeud sinusal;
2.
Le noeud auriculo-ventriculaire;
3.
le faisceau de His;
4.
Les branches droite et gauches du faisceau;
5.
Les ramifications antérieure et postérieure de la branche gauche;
6.
les fibres de Purkinje.
L'influx
électrique du coeur naît normalement dans le noeud sinusal et se transmet, par
le système de conduction à tout le muscle cardiaque. Cet influx électrique
provoque les contractions des oreillettes et des ventricules. Ces dernières
sont à l'origine du rythme cardiaque, normalement appelé rythme sinusal parce
que l'influx prend son origine au sein même du noeud sinusal.
Le
nombre de contractions par minute est connu sous le nom de fréquence cardiaque,
elle est normalement entre 65 à 75 battements par minute chez l'adulte au
repos. Par contre, sous l'effort la fréquence cardiaque augmente car le coeur
doit s'adapter à de plus grands besoins en oxygène de l'organisme.
On
parle de tachycardie sinusale quand la fréquence cardiaque est égale ou supérieure
à 100 battements par minute au repos. Par contre, on est en présence d'une
bradycardie sinusale quand la fréquence cardiaque est égale ou inférieure à
55. Si le rythme sinusal est irrégulier, on parle alors d'arythmie sinusale.
L'activité
électrique du coeur peut être étudiée par l'électrocardiogramme (ECG), qui
est une traduction graphique de l'activité et de la conduction électrique du
coeur.
L'ECG
est composé de:
-
l'onde P témoin de la conduction électrique au niveau des oreillettes;
-
l'intervalle PR qui correspond au temps de conduction du noeud sinusal au noeud
auriculo-ventriculaire. Il est mesuré du début de l'onde P au début (pied) de
l'onde R. Chez l'adulte la durée ne doit pas dépasser 0,20 seconde.
-
le complexe QRS qui traduit la conduction électrique au niveau des ventricules
et de leur contraction.
-
l'onde T qui est la traduction graphique de la relaxation électrique des
ventricules. Le muscle ventriculaire est alors près à recevoir un nouvel
influx électrique. L'onde T est précédée par le segment ST qui la sépare du
complexe ventriculaire QRS.
3.2
Les troubles du rythme actifs
3.2.1
Les extrasystoles sont des contractions cardiaques prématurées d'origine
ectopique, c'est-à-dire que l'activation électrique née ailleurs que dans le
noeud sinusal.
Les
extrasystoles sont auriculaires quand le foyer ectopique se trouve au niveau des
oreillettes. Dans ce cas, le complexe QRS est précédé par une onde P.
Les
extrasystoles sont dites ventriculaire (ESV) quand le foyer ectopique est dans
les ventricules. Ces extrasystoles sont reconnues à l'ECG par un complexe QRS
différent des complexes normaux et parce qu'elles ne sont pas précédées
d'une onde P.
L'ESV
se présentent généralement dans un coeur sain. Elles ne sont pas très fréquentes
et n'ont aucune conséquence sur le fonctionnement normal de cet organe. Elles
peuvent aussi se présenter dans la phase aiguë de l'infarctus du myocarde, après
cicatrisation de l'infarctus ou dans le prolapsus de la valve mitrale.
Les
ESV de la phase aiguë de l'infarctus sont traitées par la lidocaïne et celles
du post-infarctus par des bêtabloquants.
3.2.2
La tachycardie auriculaire est provoquée par la présence d'un foyer ectopique
qui se trouve dans un point variable des oreillettes. La fréquence cardiaque
est de 140 à 200 battements par minute et le rythme irrégulier.
3.2.3
Le flutter auriculaire. Dans ce trouble du rythme, le foyer ectopique se situe généralement
dans la partie basse de l'oreillette droite et les oreillettes se contractent à
une fréquence de 300 fois par minute.
3.2.4
La fibrillation auriculaire. La fibrillation est une désynchronisation des
contractions des fibres musculaires au niveau auriculaire (fibrillation
auriculaire) ou ventriculaire. Le résultat de cette situation chaotique de la
contraction cardiaque est le manque d'efficacité des contractions des
oreillettes ou des ventricules.
La
fibrillation auriculaire s'accompagne d'une arythmie complète ou épisodique
(paroxystique). Les conséquences de ce trouble du rythme sont l'insuffisance
cardiaque et la production de caillots sanguins (embolies) du fait de
l'immobilisation des parois des oreillettes.
La
fibrillation auriculaire se présente généralement quand les oreillettes sont
très dilatées. Cette dilatation est surtout due aux lésions des valves
mitrales.
Le
traitement de la fibrillation auriculaire doit comporter d'abord la correction
de la lésion valvulaire et aussi le traitement symptomatique visant à ralentir
ou régulariser ce trouble du rythme. Les médicaments utilisés sont les
digitaliques, les antiarythmiques, les anticoagulants. Si la fibrillation
auriculaire n'est pas jugulée par le traitement médicamenteux, il est
indispensable de recourir au choc électrique externe (300 joules délivrés
sous anesthésie générale par des électrodes externes appliquées sur le
thorax).
3.2.5 La tachycardie
ventriculaire (TV). La TV est un trouble du rythme grave produit par un foyer
ectopique situé dans les ventricules droit ou gauche. La TV se caractérise par
une succession rapide et régulière d'extrasystoles ventriculaires.
La
TV se présente plus particulièrement au cours de l'infarctus du myocarde. Ce
trouble du rythme est une urgence médicale et doit être traité rapidement par
un choc électrique externe.
3.2.6
La fibrillation ventriculaire (FV) est une extrême urgence médicale. Le
patient doit être soumis immédiatement à un choc électrique externe car sa
vie est en danger du fait de l'incapacité des ventricules à se contracter et
donc de maintenir la circulation sanguine.
3.3
Les troubles de la conduction auriculo-ventriculaire
Ces
troubles présentent un blocage de degré divers de la conduction de l'influx électrique
entre le noeud sinusal et le noeud auriculo-ventriculaire.
Il
en existe trois types.
3.3.1
Le bloc auriculo-ventriculaire de 1er degré est caractérisé par un retard de
la conduction entre le noeud sinusal et le nœud auriculo-ventriculaire, que se
traduit à l'électrocardiogramme par un espace PR supérieur à 0,20 seconde.
3.3.2
Le bloc auriculo-ventriculaire est au 2e degré quand:
-
il y a un allongement progressif du PR, qui aboutit à une onde P, qui n'est
plus suivie d'un complexe QRS;
-
il y a un bloc fortuit d'une onde P. L'espace PR est toujours le même (normal
ou allongé) mais parfois une onde P n'est pas suivie d'un complexe QRS;
-
Il y a absence d'une onde P suivie de deux ou trois complexe QRS normaux. La fréquence
cardiaque est ralentie et peut entraîner des malaises avec perte de
connaissance.
3.3.3
Le bloc auriculo-ventriculaire de 3e dégré est un blocage complet de la
conduction de l'influx électrique. Les ondes P ne sont pas suivies des
complexes QRS. Il existe donc une dissociation entre la stimulation électrique
des oreillettes et des ventricules.
3.4
Les troubles de conduction intraventriculaire
Le
bloc de branches se traduit par un retard (bloc incomplet) ou une interruption
de l'influx électrique au niveau des branches du faisceau de His qui vont vers
chaque ventricule.
3.4.1
Le bloc de branche droit. Dans ce type de bloc, l'influx électrique est bloqué
au niveau de la branche droite. Si la conduction électrique est totalement
interrompue, on est en présence d'un bloc complet droit.
3.4.2
Le bloc de branche gauche se caractérise par un blocage de la conduction électrique
au niveau de la branche gauche.
Quand
l'interruption est localisée dans les ramifications (hemibranches antérieure
et postérieure) de la branche gauche on parle des hémiblocs antérieur et postérieur.
4.
INSUFFISANCE CARDIAQUE (IC)
_________________________________________________________
*
L'insuffisance cardiaque se produit quand le coeur est incapable d'assurer un débit
sanguin suffisant.
*
Le diagnostic de l'IC se fait généralement grâce aux signes et symptômes
cliniques.
*
Le traitement de l'insuffisance cardiaque est habituellement médicamenteux.
_________________________________________________________
L'insuffisance
cardiaque se définit par l'incapacité du coeur d'assurer le débit sanguin nécessaire
aux besoins normaux de l'organisme.
Le
débit sanguin dépend de deux facteurs essentiels:
-
la fréquence cardiaque,
-
le volume du sang expulsé à chaque contraction.
Une
altération d'un de ces facteurs peut provoquer une insuffisance cardiaque.
Généralement,
on reconnaît divers types d'IC: gauche, droite, aiguë, chronique.
L'IC
gauche présente le symptômes suivants:
-
une dyspnée d'effort à la marche ou à la montée d'escaliers;
-
une orthopnée (dormir en position assise);
-
un oedème pulmonaire;
-
un asthme cardiaque.
L'IC
gauche est fréquemment provoqué par une insuffisance du ventricule gauche et
exceptionnellement par un rétrécissement sévère de la valve mitrale.
L'insuffisance ventriculaire gauche est produite surtout par des lésions
valvulaires aortiques, l'HTA sévère et les insuffisances de la valve mitrale.
L'I.C.
droite se caractérise par la présence :
-
d'un foie augmenté de volume, douloureux
-
d'un reflux hépato-jugulaire: distension accrue des veines du cou, persistant
après une pression exercée sur le foie;
-
d'œdèmes des membres inférieurs;
-
d'un épanchement pleural ou du péritoine
L'IC
chronique est due principalement à un rétrécissement mitral, une insuffisance
ventriculaire gauche, une insuffisance ou un rétrécissement de la valve
tricuspidienne ou à une sténose pulmonaire sévère.
L'IC
aiguë est provoquée principalement par des embolies pulmonaires massives.
Le
traitement mis en place au cours
d'une IC associe:
-
une restriction sévère du sel;
-
l'évacuation des épanchements;
-
l'administration d'oxygène, de digitaliques et de diurétiques;
-
l'administration d'anticoagulants pour prévenir les complications
thromboemboliques chez les sujets alités.
|