RECOMENDACIONES PARA PREVENIR ENFERMEDADES DEL CORAZON


III -La prévention des maladies cardio-vasculaires

 

1. La prévention des facteurs de risque cardio-vasculaire

1.1 Le cholestérol

1.2 Le tabac

1.3 Le diabète

1.4 L'excès de poids

1.5 Le stress

1.6 La sédentarité

2. La prévention des maladies cardio-vasculaires

2.1 L'hypertension artérielle

2.2 Les cardiopathies ischémiques, les accidents vasculaires cérébraux et l'artérite des membres inférieurs

3. La nutrition

3.1 Les lipides et l'athérosclérose

3.2 Le sucre, le diabète et l'athérosclérose

3.3 Le sel et l'hypertension artérielle

 

LA PRÉVENTION DES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES

  

_________________________________________________________

* La prévention primaire des maladies cardio-vasculaires passe fondamentalement par la prévention des facteurs de risque liés à ses maladies.

* Mais, il ne faut pas négliger la prévention dite secondaire qui consiste à traiter le mieux possible les maladies et à éviter ainsi les complications.

* Une prévention efficace des facteurs de risque cardio-vasculaire diminue les possibilités d'être atteint par ses maladies.

_________________________________________________________

 

 

1. LA PRÉVENTION DES FACTEURS DE RISQUE CARDIO-VASCULAIRES

 

1.1 Le cholestérol

 

La réduction de la cholestérolémie diminuait la mortalité et l'incidence des cardiopathies ischémiques, soit en prévention primaire (en évitant leur apparition), soit en prévention secondaire (en empêchant la rechute). Une réduction de la cholestérolémie de 10% entraîne une diminution du risque coronaire de 20%

Plusieurs essais cliniques ont montré que la réduction de la cholestérolémie retarde la progression des lésions coronaires, voire provoque une régression de ces lésions.

Néanmoins, ces études montrent aussi une augmentation de la mortalité non coronaire. Les raisons de cette augmentation restent inexpliquées : est-elle due au traitement médicamenteux pour baisser le cholestérol, ou à d'autres mécanismes ou au hasard ?


L'essai de réduction du cholestérol par des moyens diététiques n'entraîne pas une augmentation de la mortalité non coronaire.

En prévention primaire, les moyens diététiques sont à privilégier en laissant les traitements médicamenteux aux sujets à risque particulièrement élevé, notamment ceux ayant des formes familiales d'hypercholestérolémie ou d'autres dyslipidémies.

On remarque que le tabagisme, l'obésité et l'inactivité physique font diminuer aussi le bon cholestérol (HDL).

La décision du traitement repose sur au moins trois mesures du cholestérol. Un profil lipidique comportant le dosage du cholestérol total, HDL cholestérol et triglycérides, doit être réalisé avant de prendre cette décision.

Concernant le traitement, plusieurs cas de figures peuvent se présenter et dépendent directement du taux du cholestérol :

- Cholestérol sanguin supérieur à 3g/l: Il est conseillé de commencer le traitement par des mesures nutritionnelles données par le médecin ou le diététicien.  Si le cholestérol sanguin ne diminue pas au-dessous de 2,7 g/l en 3 à 6 mois, il faut prévoir un traitement médicamenteux.

- Cholestérol sanguin entre 2,7 à 3 g/l: il faut commencer par un traitement diététique. Si le cholestérol ne diminue pas en 3 à 6 mois, un traitement peut être envisagé s'il existe d'autre facteurs de risque majeurs.

- Cholestérol sanguin entre 2,3 à 2,7 g/l: prévoir des conseils nutritionnels. Le traitement médicamenteux doit être envisagé chez les sujets à haut risque qui ne répondent pas aux conseils nutritionnels.

- Cholestérol sanguin entre 2,0 à 2,3 g/l: Il faut envisager des conseils nutritionnels notamment chez les sujets qui ont plusieurs facteurs de risque majeurs.

 

Habituellement, les triglycérides élevées sont traitées  par une diminution du poids et une restriction de la consommation d'alcool.

Bien que le cholestérol élevé soit aussi un facteur de risque cardio-vasculaire chez les personnes âgées, les bénéfices d'un traitement médicamenteux dans cette tranche d'âge ne sont pas connus. Il faut signaler que la majorité des études sur le traitement du cholestérol élevé ont été réalisées chez l'homme d'âge moyen. Peut-on alors extrapoler les résultats de ces études  chez la femme et chez la personne âgée ? En attendant une réponse claire, on peut envisager un traitement médicamenteux chez la femme atteinte d'hyperlipémie familiale sévère et chez celle à très haut risque cardio-vasculaire.

  

LES LIPIDES SANGUINS - CHIFFRES NORMAUX

(en grammes par litre: g/l)  

_________________________________________________________

                         Valeurs         Valeurs

                        normales         idéales

---------------------------------------------------------

      Cholestérol total   1,6 - 2,5           1,8 - 2

HDL                 Homme 0,35 - 0,55      0,45

                    Femme 0,45 - 0,65      0,55

LDL                 1 - 1,7              <= 1,3

Apolipoprotéine A1* 1 - 1,5               > 1,2

Apolipoprotéine B*  0,8 - 1,3             < 1,3

Triglycérides       0,5 - 2              <= 1,3

_________________________________________________________

* chiffres variables en fonction des laboratoires

 

 

CALCULER VOS RISQUES A PARTIR DE VOS RESULTATS DU CHOLESTEROL - INDICE DE RISQUE (IR)

 

        Cholestérol total (g/l)

IR = ---------------------------

       HDL cholestérol (g/l)

 

 

Le résultat de cette simple division vous donne le niveau de risque cardio-vasculaire lié au cholestérol:

---------------------------------------------------------

                  IR                              Niveau du

Hommes        Femmes                     risque   

---------------------------------------------------------

3,43         3,3                       faible

4,9          4,4                       moyen

9,5          7,0                       élevé

23,3        11,0                 très élevé

---------------------------------------------------------

  

1.2 Le tabac

 

Des études montrent que l'arrêt du tabac entraîne une diminution du risque au bout de 2  à 3 ans, chez les sujets ayant une maladie coronarienne.

La prévention primaire repose sur l'interdiction de la publicité, l'augmentation du prix des cigarettes, la protection des non-fumeurs et l'éducation pour la santé.

La prévention secondaire est essentiellement orientée  vers l'arrêt total du tabagisme chez les fumeurs.

Cette démarche fondamentalement personnelle comporte trois volets essentiels : le degré de sa propre motivation, le niveau de dépendance et la présence d'un appui médical.

 

Généralement, la décision d'arrêter de fumer est un lent processus de maturation, lié à une série de facteurs personnels ou familiaux. Une information sur les méfaits du tabac, décès d'un proche à la suite d'un cancer du poumon, victime d'une maladie respiratoire ou cardio-vasculaire, grossesse, peuvent être des éléments déclenchants.

Il reste que la motivation est l'élément essentiel dans la démarche d'arrêt du tabac. Toute décision prise sous la contrainte et sous la pression des tiers conduit généralement à l'échec. Pour bien analyser le degré de motivation, il existe des questionnaires d'auto-évaluation des chances de réussite. Voici un exemple de ce type de questionnaire.

  

TEST DE DEMARIA-GRIMALDI

 

                                                                                                                        oui  non

1. J'irais à la consultation spontanément, par décision personnelle.        2   0

2. J'ai déjà arrêté de fumer pendant plus d'une semaine.                                     1   0

3. Actuellement, mon activité professionnelle est sans problème.                        1   0

4. Actuellement, tout va bien sur le plan familial                                        1   0

5. Je veux me libérer de cet esclavage                                                    2   0

6. Je fais du sport, ou j'ai l'intention d'en faire                               1   0

7. Je veux être en meilleure forme physique                                     1   0

8. Je veux préserver mon aspect physique                                                  1   0

9. Je suis enceinte/ ma conjointe est enceinte                                            1   0

10. J'ai des enfants en bas âge                                                           2   0

11. J'ai bon moral actuellement                                                           2   0

12. J'ai l'habitude de réussir ce que j'entreprends                                1   0

13. Je suis plutôt d'un tempérament calme, détendu                                        1   0

14. Mon poids est habituellement stable                                                   1   0

15. Je veux accéder à une qualité de vie meilleure                                     2   0

____________________________________________________________________________

                                                                                                TOTAL DES POINTS :

 

SCORE

16 et plus: très grandes chances de réussite

2 à 15: grandes chances

6 à 11 : chances réelles, des difficultés à prévoir.

5 et moins : est-ce le moment?

La somme des points obtenus à chaque réponse indique les chances de réussite.

Si le score de motivation est inférieur à 12, il vaut mieux tenter de renforcer votre motivation avant toute tentative de sevrage.

  

L'évaluation de la dépendance est un autre critère préalable à l'arrêt du tabac. Elle doit se faire de façon la plus objective possible avec l'aide d'un médecin, grâce à deux types d'examens:

- Biologiques: monoxyde de carbone dans l'air expiré et

  la cotinine sérique (dérivé de la nicotine)

- Autoquestionnaires: pour évaluer la dépendance

  comportementale et psychologique et la dépendance 

  physique

 

TEST DE DEPENDANCE COMPORTEMENTALE ET PSYCHOLOGIQUE (d'après LAGRUE)

___________________________________________________________________________

                                                                        pas du tout/un peu/moyennement/beaucoup

___________________________________________________________________________

- Besoin du geste                                                0        1        2           3

- Fumer est un plaisir                          0        1        2           3

- Fumer me détend                                      0        1        2           3

- Fumer me stimule                                     0        1        2           3

- Fumer est un soutien psychologique            0        1        2           3

_____________________________________________________________________________

Cet questionnaire vous permet d'analyser votre attitude à l'égard de l'acte de fumer:

* intensité de la dépendance gestuelle

* importance du plaisir dans l'acte de fumer

* place de la cigarette : soutien face aux difficultés ou cigarette détente

* intérêt de la cigarette stimulante

 

TEST DE DEPENDANCE PHYSIQUE A LA NICOTINE (d'après Fagerstrôm)

1. Combien de cigarettes fumez-vous par jour?

   - moins de 15              0

   - de 15 à 25               1

   - plus de 25               2

2. Quelle est le taux de nicotine de vos cigarettes?

   - moins de 0,8 mg        0

   - de 0,8 à 1,5 mg        1

   - plus de 1,5 mg         2

3. Avalez-vous la fumée?

   - jamais                 0

   - parfois                1

   - toujours               2

4. Fumez-vous de façon plus rapprochée au début de la journée?

   - oui                    1

   - non                    0

5. A quel moment fumez-vous votre première cigarette?

   - dans la demi heure qui suit le lever   1

   - plus tard                              0

6. Quelle cigarette trouvez-vous la plus indispensable?

   - la première            1

   - une autre              0

7. Fumez-vous même si une maladie (grippe, angine)vous oblige à rester au lit?

   - oui                    1

   - non                    0

8. Trouvez-vous difficile de ne pas fumer dans les endroits interdits (cinéma, métro, salle d'attente)?

   - oui                    1

   - non                    0

_________________________________________________________

TOTAL :

La somme des points obtenus à chaque réponse indique le degré de dépendance.

- de 0 à 4 points : Fumeur non ou peu dépendant à la nicotine

- de 5 à 6 points : Dépendance moyenne

- de 7 à 8 points : Dépendance forte

- 9 points et plus: Très forte dépendance


Si vous êtes prêt pour arrêter la cigarette, en cas de dépendance forte ou très forte, il est recommandé de faire appel à un médecin. Les tentatives d'arrêt en solitaire, sans aide médicale, risquent alors de se solder par un échec.

En général, les règles suivantes sont à respecter lors du sevrage tabagique :

1. L'arrêt doit être brutal et total, l'arrêt progressif en diminuant la dose a peu de chance de réussir.

2. Choisir avec attention le moment où arrêter (jour "J"). Par exemple, après une maladie, au début de la grossesse, départ en vacances, déménagement.... Il est préférable de profiter d'une situation, de circonstances ou d'événements particuliers.

Si votre conjoint(e) fume aussi, il est préférable d'arrêter en même temps, sinon les risques d'échec sont plus importants.

3. Il faut créer un environnement favorable en éliminant tous les accessoires du fumeur (paquets entamés, briquet, cendrier...), en limitant, dans la mesure du possible, la consommation des stimulants (thé, café, alcool..), en informant votre entourage, en évitant les fumeurs, en trouvant des compensations à la "cigarette-plaisir" par les loisirs, le sport, la lecture, mais pas le grignotage qui favorise la prise de poids. Pour cela, il est recommandé d'écarter les sucres et les farineux, et de privilégier les fruits et les légumes. La pratique progressive du sport est fortement souhaitable.

4. Si la dépendance physique est importante, il est nécessaire de faire appel au traitement médicamenteux en utilisant les patchs (timbres) ou les gommes à mâcher qui contiennent de la nicotine. Les patchs se sont révélés très efficaces pour le maintien dans le sang d'un certain niveau de nicotine. 

 

1.3 Le diabète

 

Le dépistage du diabète doit être réalisé notamment chez les sujets ayant des facteurs de risque :

- Antécédents familiaux de diabète. Cette maladie est héréditaire.

- Excès de poids, surtout si l'obésité est de type androïde (graisse située au niveau du ventre)

- Femmes qui ont eu des enfants de plus de 4 kg à la naissance, des enfants mort-nés ou des avortements spontanés répétés.

Le test de prédilection est le dosage du glucose sanguin (glycémie) à jeun.

En pratique, le diabète est diagnostiqué, quand on trouve,  au moins à deux reprises, une glycémie à jeun  égale ou supérieure à 1,4 g/l. Lorsque cet examen n'est pas concluant, c'est-à-dire que l'on trouve des valeurs inférieures à 1,4 g/l, mais que l'on suspecte un diabète, on peut réaliser le test de tolérance au glucose par voie orale. Lors de cet examen, on dose à nouveau la glucose sanguine deux heures après la prise de glucose par voie orale. Le résultat est positif si la glycémie est égale ou supérieure à 2 g/l.

 

Bien qu'il n'existe  actuellement aucune étude permettant d'affirmer que le traitement médicamenteux ou le régime sont capables de diminuer le risque des maladies cardio-vasculaires, il est cependant nécessaire, compte-tenu de la gravité des complications du diabète, de suivre un certain nombre de conseils:

- Si vous avez d'autres facteurs de risque tels que le tabagisme, l'HTA, il faut à tout prix les supprimer: arrêt du tabac et traitement pour diminuer la tension artérielle sont fortement conseillés.

- Suivre les conseils diététiques de votre médecin. Ils ont pour but d'éviter trop d'apport de sucre et aussi de
graisses afin de combattre l'excès de poids et de maintenir un niveau normal des taux du cholestérol et des triglycérides.

- Une activité physique régulière est recommandée: la marche à pieds quotidienne d'une heure à une heure et demie semble être efficace.

 

 1.4 L'excès de poids

 

La diminution du poids a des effets bénéfiques notamment au niveau de la tension artérielle, du travail du coeur et des taux des lipides sanguins. Cette démarche nécessite une forte motivation, d'autant plus que l'effort pour réduire de poids s'avère quelquefois décevant. Un régime pauvre en graisses et en calories est un des moyens essentiels pour perdre du poids.

  

1.5 Le stress

 

Dans les sociétés industrialisées, les médicaments couramment utilisés pour combattre le stress sont les vitamines C et B, les  somnifères et les tranquillisants.

Les vitamines C et B sont peut être efficaces quand il s'agit d'un stress physique, mais elles sont complètement inopérantes au niveau psychologique.

Les somnifères vont sûrement résoudre le problème d'insomnie lié au stress mais ils seront incapables de résoudre les causes qui provoquent le stress. De la même façon, les tranquillisants procureront une sensation de détente, favorisant le sommeil, mais leur action est passagère (le temps que dure le traitement) si l'on ne  s'attaque pas aux causes réelles. Par ailleurs, l'utilisation pendant de longues périodes de ce type de médicaments peut induire une dépendance.

 

Les traitements dits de facilité ont amené la France au premier rang européen pour la consommation de tranquillisants (soixante quinze millions de boites de tranquillisants vendus annuellement en France), avec plus de onze millions de Français qui ont recours quotidiennement aux pilules qui procurent la "tranquillité". 

Pour combattre le stress de façon efficace, il existe une série de méthodes qui ont pour objectif de diminuer progressivement les tensions psychiques et musculaires ainsi que les excitations sensorielles (auditives, visuelles,..).

Parmi ces méthodes on peut citer :

- Les exercices de relaxation corporelle : aérobic, stretching,  tai-chi, yoga  etc. Ces exercices diminuent le rythme cardiaque, la tension musculaire.

- Les méthodes de relaxation mentale: la méditation accompagnée d'une respiration lente et rythmée, peut contribuer à réduire le niveau de stress (2 séances de 10 à 20 minutes par jour). L'évasion imaginaire permet d'évoquer une présence dans un endroit ou situation agréable, réactivant ainsi par association d'idées des représentations mentales susceptibles de favoriser la baisse de tension.

- Les méthodes techniques: le "bio feed back", est une technique utilisant des appareils pour mesurer le pouls, la température de la peau et la tension musculaire. Le sujet essaie de diminuer sa tension musculaire et sa fréquence cardiaque en regardant les représentations graphiques de ces facteurs sur écran.

- Les méthodes psychothérapeutiques: toutes les méthodes citées précédemment ont leur efficacité et agissent surtout pour entretenir un état de bonne santé chez le sujet qui peut encore faire face au stress. Mais lorsque l'individu ne peut plus affronter les difficultés quotidiennes, lorsque l'anxiété ou la dépression s'installent et que certains troubles somatiques apparaissent, il est important de recourir au médecin psychiatre ou au psychanalyste.

  

1.6 La sédentarité. L'exercice physique

 

Le seul moyen efficace pour combattre la sédentarité est l'activité physique, qui réalisée régulièrement agit sur:

- le poids par dépense d'énergie ;

- la tension artérielle en la diminuant;

- le taux de lipides, en favorisant l'augmentation du bon cholestérol;

- la glucose et l'insuline, en stimulant leur utilisation par les cellules;

  

2. LA PREVENTION  DES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES

 

2.1 L'hypertension artérielle

 

La méthode la plus simple et la plus efficace pour déceler une hypertension artérielle est la prise de la tension à l'aide d'un appareil à tension ou sphygmomanomètre à mercure ou tensiomètre. Actuellement, tout un arsenal thérapeutique efficace existe pour combattre cette maladie et ramener les chiffres tensionnels à la norme. 

 

La prévention primaire peut se résumer en quatre points:

- exercer une activité physique;

- diminuer la consommation de sel;

- réduire l'excès de poids;

- combattre le stress.

Ces types d'actions peuvent s'avérer efficaces notamment chez les sujets ayant des antécédents familiaux
d'hypertension artérielle (père, mère, frères ou soeurs hypertendus).

La prévention secondaire repose également sur ces quatre points, surtout s'il s'agit d'une hypertension labile ou légère, mais aussi sur la prise quotidienne de médicaments anti-hypertenseurs.

Il existe un consensus pour le traitement antihypertenseur des sujets ayant une tension systolique égale ou supérieure à 180 mmHg. et/ou une tension diastolique égale ou supérieure à 105 mmHg.

En cas d'élévation modérée de la tension artérielle,  des mesures répétées sont conseillées en des occasions différentes au cours d'une période de 3 à 6 mois. La décision du traitement médicamenteux ou non sera prise en évaluant les autres facteurs de risques cardio-vasculaires.

Le traitement non médicamenteux comporte :

- la diminution du poids chez les personnes présentant un excès de poids;

- la réduction de l'apport alimentaire en sodium (sel) à un niveau inférieur à 5g par jour;

- la diminution de la consommation d'alcool à moins de 10 à 30 g d'éthanol par jour (1 à 3 verres de vin, ou 1 à 3 canettes de bière, ou 1 à 3 apéritifs ou digestifs);

- l'exercice physique régulier;

- la correction d'autres facteurs de risque (tabagisme, cholestérol élevé);

- les contraceptifs oraux peuvent augmenter la tension artérielle, l'utilisation d'autres moyens de contraception peut être envisagée.

 

2.2. LES CARDIOPATHIES ISCHEMIQUES, LES ACCIDENTS VASCULAIRES CEREBRAUX ET L'ARTERITE DES MEMBRES INFERIEURS

 

La prévention primaire de ces affections cardio-vasculaires repose essentiellement sur la correction ou la neutralisation des facteurs de risque d'athérosclérose. Elle est notamment adressée aux sujets asymptomatiques, qui possèdent un certain nombre de ces facteurs de risque (sujets à haut risque).

En générale, la prévention primaire comporte :

- des mesures d'hygiène de vie: arrêt du tabac pour les fumeurs, augmentation de l'activité physique, modification des habitudes alimentaires (voire nutrition)

- la réduction de l'excès de poids grâce à un régime adéquat et à l'exercice physique;

- la réduction de la tension artérielle pour les hypertendus;

- la diminution du cholestérol chez les sujets qui ont une hypercholestérolémie;

- le contrôle du glucose chez les diabétiques.

La prévention secondaire chez les sujets symptomatiques comporte aussi la correction des facteurs de risque par les mesures ci-dessus exposées et la mise en place d'un traitement médicamenteux.

Le risque de survenue d'une cardiopathie ischémique peut être estimé en tenant compte :

- des éléments personnels non modifiables : âge, sexe, antécédents personnels de cardiopathie ischémique;

- des facteurs de risques cardio-vasculaires : tabac, hypertension artérielle, lipides sanguins élevés, diabète, excès de poids,..

Vous pouvez évaluer votre risque en utilisant le tableau ci-dessous.

N'ACCUMULEZ PAS PLUSIEURS FACTEURS DE RISQUE

CALCULEZ VOUS-MEME VOS RISQUES D'INFARCTUS

(d'après la FEDERATION NATIONALES DE CARDIOLOGIE)

 

Ce test mis au point par la Fédération Française de Cardiologie permet d'établir votre "profil cardio-vasculaire" en prenant en compte des facteurs qu'on ne peut modifier (âge, sexe, hérédité.) et des facteurs sur lesquels vous-même et/ou votre médecin peuvent agir (alimentation, poids, tabac, exercice physique, tension artérielle).

Pour le tabac: Si vous aspirez la fumée de vos cigarettes ou si vous les fumez jusqu'au bout, ajoutez 1 point au total.

Pour l'hérédité: Ne comptez que les parents, grands-parents, soeurs et frères ayant eu un infarctus ou une attaque. Ne tenez pas compte des parents éloignés.

Pour la tension: Ce test ne tient compte que du chiffre le plus élevé des deux chiffres notés lorsqu'on prend votre tension.                                               

Pour le poids: (formule de Lorenz)                                                           

Le poids des femmes doit être: P = T - 100 - (T - 150)/2                           T = taille en cm.

Le poids des hommes doit être: P = T - 100 - (T - 150)/4                            P = poids en kg

 

 ANALYSE DE VOS RÉSULTATS

 

Additionnez vos différents points pour obtenir le total.

Si vous avez:

- 6 à 11  : vos risques d'infarctus sont très faibles

- 12 à 17 : vos risques sont faibles

- 18 à 24 : vos risques sont réels mais peu inquiétants.

- 25 à 31 : vous devriez faire attention, vos risques sont assez nets.

- 32 à 40 : vos risques sont grands.

- 41 à 62 : vos risques sont très grands, voyez votre médecin.

  

3. LA NUTRITION

 

_________________________________________________________

* La nutrition est un des piliers fondamentaux de la prévention des maladies cardio-vasculaires, car une diète équilibrée permet de maintenir un niveau adéquate des taux de cholestérol et de triglycérides.

* Elle permet aussi de garder un poids acceptable.

_________________________________________________________

 

L'organisme humain a besoin d'aliments pour subvenir aux nécessités de son fonctionnement. Les aliments contiennent différents types de substances essentielles pour la nutrition : les protéines, les glucides, les graisses, les vitamines et les minéraux.

Les protéines sont considérées comme les briques de l'organisme, car elles constituent les éléments essentiels de  l'architecture cellulaire et interviennent dans la composition de bon nombre de substances (hormones, enzymes, anticorps, ADN, ARN...).

Les protéines sont composées d'acides aminés. Il en existe 20 types, dont huit sont indispensables pour l'organisme car il est incapable de les fabriquer.  

Les protéines se trouvent principalement dans les viandes rouge et blanche, la volaille, la charcuterie, le poissonet les fruits de mer, les laitages et les oeufs. Ils se trouvent aussi, mais en moindre quantité, dans les céréales et les légumes secs. Les protéines d'origine animale contiennent les acides aminés indispensables, par contre celles d'origine végétale ne comportent pas un ou plusieurs de ces acides aminés indispensables. Par exemple, les céréales ne possèdent pas un acide aminé indispensable, la lysine, et les légumes secs ne contiennent que très peu de méthionine.

 

Les glucides se présentent dans l'organisme sous forme de  glucose, qui est l'équivalent d'un carburant énergétique utilisé par les muscles et les organes.

Le glucose peut être stocké dans les muscles et le foie, afin d'être utilisé quand l'organisme en a besoin, mais ses réserves ne sont pas importantes et ne laissent donc pas une grande autonomie. Sans apport de glucides, les réserves s'épuisent et l'organisme utilise ses réserves de graisses pour fabriquer le glucose.

Le glucose se trouve particulièrement dans les céréales, les légumes secs, les pommes de terre, les fruits, le sucre, les aliments et les boissons sucrées.

 

Les lipides ou graisses sont utilisés par l'organisme comme carburant et interviennent aussi dans l'architecture cellulaire et la composition de certaines substances. Il existe des réserves de graisses dans le tissu adipeux de l'organisme. Les graisses se trouvent principalement dans les viandes, les poissons, les laitages gras, les oeufs, la charcuterie, les huiles, le beurre, la margarine, l'avocat, les olives, les biscuits, les gâteaux, les chocolats, les frites et les chips.

Les acides gras sont les composants des lipides qui se présentent sous trois formes : mono-insaturés, poly-insaturés et saturés.

En règle générale, les acides gras saturés élèvent le taux de cholestérol sanguin, les mono-insaturés sont neutres et les poly-insaturés ont un rôle bénéfique en abaissant le cholestérol.

Les acides gras saturés se trouvent principalement dans les graisses d'origine animale et les acides gras poly-insaturés dans les graisses d'origine végétale et dans les poissons. Les acides gras mono-insaturés sont bien représentés dans un grand nombre de produits animaux et de graisses végétales.

 

Les vitamines et les minéraux sont indispensables en très petite quantité au bon fonctionnement de l'organisme. Par exemple, la vitamine D intervient dans la formation de la masse osseuse en stimulant la fixation du calcium dans les os. Ce dernier participe aussi au mécanisme de contraction du muscle.

 

3.1 Les lipides et l'athérosclérose

 

Le cholestérol et les triglycérides sont directement impliqués dans la genèse de l'athéroscléroses, maladie des artères qui est à la base d'affections cardio-vasculaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, artérite des membres inférieurs..).

La prévention des maladies cardio-vasculaires provoquées par l'athérosclérose passe essentiellement par une modification des habitudes alimentaires, c'est-à-dire par la réduction des apports en graisses saturées (acides gras saturés). En France, on constate une consommation excessive de viandes et de fromages.

La prévention de l'athérosclérose doit commencer dès l'enfance. Il faudrait habituer les enfants à ne manger qu'une fois par jour de la viande, de préférence  maigre.
Le poisson, même gras, a une action favorable, ainsi que les légumes et les fruits riches en fibres. La réduction

des graisses saturées peut être compensée par un apport en huile végétale, en margarine et en poissons gras, riches en acides mono et poly-insaturés.

Les conseils diététiques adressés aux sujets atteints d'une affection provoquée par l'artérosclérose comportent:

- une diminution de l'apport en graisses, elles doivent représenter seulement moins de 30% du total des calories consommées. Par exemple pour une activité moyenne, l’alimentation doit apporter 2.200 calories par jour distribuer de la façon suivante:

660 calories provenant des graisses (30%)

1210 calories des glucides (55%)

330 calories des protéines (15%)

- la proportion des graisses saturées ‘acides gras saturés) doit être égale ou inférieure au tiers du total des graisses consommées. C’est-à-dire :

10% d’acides gras saturés.

10% d’acides gras mono-insaturés

10% d’acides gras poly-insaturés

- une augmentation de la consommation des graisses mono-insaturées et poly-insaturées provenant des produits marins et des légumes;

- une augmentation de la ration de légumes et de fruits frais;

- une diminution de la consommation de calories chez les sujets obèses;

- une diminution de la consommation de sel et d'alcool chez les hypertendus.

Les aliments riches en acides gras mono-insaturés sont : les huiles d’olive, d’arachide, de colza et certaines margarines diététiques spéciales cuisine.

Les aliments riches en acides gras poly-insaturés sont : les huiles de tournesol, de maïs, de soja, de noix, de pépins de raisin, de germe de blé et certaines margarines diététiques à tartiner.


 

REGIME PAUVRE EN LIPIDES

(d'après la Société Européenne d'Athérosclérose)

 


3.2 Les sucres, le diabète et l'athérosclérose

 

L'idée selon laquelle la consommation de sucre est à l'origine du diabète est complètement fausse. Par contre, la consommation excessive de sucre peut révéler un diabète encore méconnu.

En général, la consommation excessive de sucre est en partie responsable de l'excès de poids, mais n'intervient pas directement dans la genèse de l'athérosclérose, sauf dans le cas des maladies métaboliques athérogènes.

  

3.3 Le sel et l'hypertension artérielle

 

Des études récentes ont démontré que le sel peut avoir

une certaine influence dans le déclenchement de l'hypertension artérielle mais seulement chez les personnes sensibles au sel.  L'organisme en bonne santé est capable de faire face à une consommation excessive de sel, mais chez certains cette capacité est réduite. Cependant au fur et à mesure du vieillissement, la sensibilité au sel augmente.

On estime que 30 à 40% des hypertendus sont sensibles au sel. Autrement dit, ces hypertendus verront leur tension artérielle augmentée si leur consommation est trop importante.

L'identification des personnes sensibles au sel étant difficile aujourd'hui, il est donc important de conseiller aux hypertendus d'en consommer modérément.


SENSIBILITÉ AU SEL

 

_________________________________________________________

                                                      sujets âgés

                                                      ethnie noire

Sujets " sensibles "        30 à 40% d'hypertendus

                                                      niveau de pression artérielle

                                                      certains facteurs biologiques

_________________________________________________________

                                                      sujets jeunes

Sujets " insensibles "      ethnie blanche

                                                      60 à 70% des hypertendus

_________________________________________________________                                                    âge

                                                      niveau de tension artérielle

Facteurs                                        obésité

potentiels                             grossesse

                                               &